Comité Départemental du Souvenir des Fusillés de Châteaubriant de Nantes et de la Résistance en Loire-Inférieure

Témoignage de Joël Busson

Déclaration de Joël Busson.

2006

Suite à l’article paru mercredi dernier dans Presse Océan à propos des dernières facéties de L. Oury. Je tiens à apporter les précisions suivantes : Puisque parait-il la vérité historique intéresse Louis Oury, je suis fils d’un Déporté Résistant. Mon père n’a pas été fusillé en 1943 puisque je suis né en 1947.

Membre de la Jeunesse Communiste mon père a été arrêté par le SPAC pour activités contre le régime de Vichy et l’occupant et après avoir été emprisonné en France, il sera déporté à Buchenwald et à Dora-Elrich. Il avait le titre de Déporté Résistant .

Autre précision, le panneau à Châteaubriant sur la route de Soudan indique l’entrée de la Sablière, lieu d’exécution des otages le 22 octobre 1941. Le camp de Choisel se situait à la sortie de la ville sur la route de Fercé.

À propos des élucubrations de Louis Oury, Je me demande ce qu’il recherche sinon à faire parler de lui en attaquant régulièrement le travail du Comité du souvenir. En quoi notre travail de mémoire le dérange-t-il ? De quel droit s’érige-t-il en procureur ? Où bien de qui est-il ou se fait-il l’instrument ?

Louis Oury se permet de juger qui était résistant, qui ne l’était pas, selon qu’ il était ou non ,communiste. C’est Louis Oury qui « réécrit l’Histoire à sa façon ». Le seul but du Comité du Souvenir est de transmettre la mémoire des Résistants, des victimes du nazisme, de lutter contre les falsificateurs et autres négationnistes.

Louis Oury a participé un temps au travail de mémoire, personne ne le nie, il fut même à une époque membre de notre Comité du souvenir. Sans le Comité du souvenir, la pièce écrite par Louis Oury n’aurait pas été produite. Que nous reproche-t-il ? D’avoir élargi notre travail depuis pour faire revivre et reconnaître la mémoire d’autres Résistants ?

À propos de l’absence de ses ouvrages au sein du musée, seuls sont à la disposition des visiteurs les publications de l’Amicale de Châteaubriant-Voves- Rouillé. Il n’y a pas de librairie au musée et de plus L. Oury n’a jamais sollicité quiconque pour l’exposition de ses ouvrages en un lieu qui n’a pas cette vocation, ni l’autorisation d’y tenir commerce. Les ouvrages comme ceux d’ A. GERNOUX pour ne prendre qu’un exemple n’y figurent pas non plus.

Autre précision, L. Oury prétend avoir été interdit de cérémonies officielles à Châteaubriant. A ce que je sache, les autorités de la République n’ont nullement interdit à L. Oury d’être présent. Je peux par contre témoigner comme de nombreux participants aux cérémonies, de sa présence dans le défilé où il n’a cessé d’importuner sur le parcours diverses personnalités. Présent dans la sablière, il s’est adressé à plusieurs responsables de l’Amicale Châteaubriant-Voves- Rouillé.

Autre remarque, avec L Oury, certains portent des appréciations sur le contenu d’un musée qu’ils n’ont même pas visité selon leurs propres déclarations. Ce musée consacré à l’internement en France, sera enrichi et il ne prétend pas être sans lacunes ni défauts. Il convient de ne pas tout brasser et d’apporter des critiques seulement à partir de sa thématique.

Dernières remarques : Si ce haut lieu de la Résistance existe, c’est le courage manifesté par les fusillés jusqu’à leur ultime souffle qui lui en a donné ce statut et aussi le courage des Castelbriantais qui dans les heures suivant les fusillades sont venus fleurir et planter les trois couleurs de la Patrie sur les traces du sang des martyrs.

Si la Sablière est devenue ce lieu avec le monument, fréquenté par environ 10 000 personnes cette année, 65 ans après les fusillades d’octobre 1941, et aujourd’hui avec le musée, c’est que dès la Libération les compagnons de captivité des fusillés, leurs familles, ont créé une association pour que la mémoire des 27 vive.

Ce sont les survivants du camp de Choisel, qui à leur retour de déportation ou à peine sortis des combats de La Résistance, ont acquis parcelle après parcelle la Sablière.

Oui, l’État aurait pu acquérir ce lieu, il ne l’a pas fait. Mais, aujourd’hui c’est L Oury qui prétend réécrire l’Histoire et spolier ceux qui comme Odette Nilès, Présidente de l’Amicale Voves Rouillé et ancienne internée à Choisel, entretiennent la mémoire. De cette mémoire dédiée à toute la Résistance, La Sablière est le seul lieu d’exécution en France restant en permanence ouvert à tous !

Que pèsent les facéties et élucubrations de L. Oury au regard de notre travail de mémoire ? Au nom de qui et à quel titre Louis Oury s’érige-t-il en procureur, dénonce, ordonne... Est-il victime seulement de son ego ? Ses manifestations me paraissent bien pathétiques. Mais qui donc a intérêt à entretenir de telles polémiques ?

En tout état de cause, jamais nous ne laisserons insulter le dévouement des "militants de la mémoire " que sont les historiens, les conservateurs, les témoins, les familles des victimes du nazisme, tous les bénévoles qui se consacrent honnêtement à la manifestation de la mémoire, de la réalité historique avec ses ombres et ses lumières.

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