Comité Départemental du Souvenir des Fusillés de Châteaubriant de Nantes et de la Résistance en Loire-Inférieure

Quand l’utopie des résistants devint réalité, le film les Jours heureux, de Gilles Perret, retrace la véritable histoire de la création du modèle social français.

Le journal l’Humanité publie ce 5 novembre l’article ci-dessous

Quand l’utopie des résistants devint réalité

HISTOIRE
GUILLAUME CHÉREL

... le film les Jours heureux, de Gilles Perret, retrace la véritable histoire de la création du modèle social français.

« Si les conditions de travail ne sont pas modifiées, il faudra des siècles pour humaniser ce monde rendu animal par les forces impérialistes. » FRANTZ FANON.

... un film au titre prometteur : les Jours heureux. On pourra voir (1), ce documentaire d’une rare intelligence, car fidèle aux acteurs d’une histoire qui n’avait jamais été racontée... Rappel des faits : en pleine occupation nazie, le Conseil national de la Résistance (CNR), créé le 27 mai 1943, adopte, le 15 mars 1944 (dans la clandestinité, donc) un programme « révolutionnaire ». Il fut décidé un plan d’action immédiat (armé), afin de libérer la France du joug nazi, puis un programme politique qui suivrait la libération du pays (Sécurité sociale, liberté de la presse, etc.) Le film relate comment la réalisation de ce projet relevait quasiment du miracle (outre le ralliement du PCF et de la CGT à de Gaulle, les divergences étaient nombreuses entre les différentes composantes politiques et syndicales) ; sans oublier le danger quotidien de l’époque. Mais il y avait urgence. Il fallait résister.

Cinquante ans après la création de ce modèle social, novateur et unique au monde, les tenants de l’ultralibéralisme remettent en cause, point par point, ces acquis sociaux. Un patron du Medef est allé jusqu’à le claironner dans les médias, ce qui provoque l’ironie du regretté Raymond Aubrac : « C’est trop beau pour être vrai, ce Denis Kessler doit être un infiltré... »

Lors du débat, animé par Charles Silvestre, Gilles Perret, le réalisateur, a regretté qu’aucune chaîne de télévision du service public (excepté France 3 Rhône-Alpes) n’ait voulu produire ce film. L’historien Laurent Douzou a clairement expliqué les tenants et les aboutissants du programme du CNR. Mais aussi pourquoi il ne comprenait pas le vote des femmes ni de « vraie » décolonisation. Et Léon Landini, acteur de la Résistance à Lyon (FTPMOI), a rendu hommage à ses camarades, tués sous la torture, sans parler : « Ils se sont sublimés parce qu’ils pensaient à ceux qui viendraient après... » Tout est dans cette phrase. Comme la question qu’il pose à Stéphane Hessel, disparu lui aussi pendant la réalisation du film : « Peut-on rester libre et indépendant dans une Europe et un monde globalisés par la spéculation financière ? » Ce n’est pas le président François Hollande qui répondra, si l’on en croit sa réplique surréaliste en conclusion du film.

(1)Dés la semaine prochaine Au Concorde à Nantes

Mardi 12 novembre à 18h et 20h45

Projection du film "Les jours heureux" en partenariat avec le Parti de gauche (membre du Front de gauche), les semaines de la solidarité internationale (Maison des Citoyens de monde) et le CE des Cheminots.

Les deux séances seront suivies d’un débat en présence du réalisateur Gilles Perret.

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