Comité Départemental du Souvenir des Fusillés de Châteaubriant de Nantes et de la Résistance en Loire-Inférieure

Le 14 juillet 1944 - La Marseillaise de l’espoir à Ellrich.

Le Président de la République à décidé que cette année serait celle de la Marseillaise pour le 220° anniversaire de l’Hymne national. Voici le témoignage d’un Déporté-Résistant , le nazairien, Jules Busson matricule 51817 .

Au camp d’Elirich gare
... Le 14 juillet 1944, j’avais été transféré d’Arzounkel à Ellrich. Ce matin-là, au lieu de bifurquer vers Wofleben, les camions continuèrent leur route quelques kilomètres plus loin. Les Russes, à leur habitude, chantaient dans les camions non bâchés.
Leurs chants étaient magnifiques. Ils avaient le don inné de chanter en choeur avec plusieurs intonations. On sentait toute la nostalgie mais aussi la puissance du peuple russe. J’étais à chaque fois bouleversé par ces chants, qui, quoiqu’il arrive, me donnaient encore plus d’assurance que les nazis seraient vaincus par les combats qui, en particulier, se déroulaient en Union Soviétique.
Tout à coup les Russes nous dirent : - « Alors les Français, vous ne chantez pas ? » Les Français, contrairement aux peuples russes ne savent pas chanter en choeur. Il suffit d’écouter la Marseillaise lors des matchs internationaux pour s’en convaincre. Nous ne comprenions pas pourquoi nos camarades russes nous demandaient de chanter ce jour-là. « C’est votre Fête Nationale ».
La Marseillaise de l’espoir 
Nous étions le 14 juillet. L’absence de calendrier, les conditions de vie nous faisaient perdre la notion exacte du temps. Alors, comme un seul homme, les Français fouettés dans leur amour-propre, entamèrent la Marseillaise, qui fut reprise dans toutes les langues. Les sentinelles, aux quatre coins des camions donnaient des coups de crosses au hasard et demandaient de nous taire : « Ruhe, criaient-elles ».
Ce fut un moment intense d’émotion. Non, nous ne serions jamais des esclaves ! Au plus profond de notre détresse, nous relevions la tête. Les nazis s’ils brisaient les corps, n’arriveraient jamais à broyer nos cours d’hommes libres.

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